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Archives de la catégorie ‘Beaux-Arts’

Au cri de « A bas Duchamp ! », de Versailles à Avignon la révolution des Beaux-Arts est en marche !

11 Sep

Au cri de « A bas Duchamp ! »

DE VERSAILLES À AVIGNON,

LA RÉVOLUTION DES BEAUX-ARTS EST EN MARCHE !

 

ALORS QU’AU QUÉBEC, le combat des étudiants contre l’ULTRALIBÉRALISME ANGLOSAXON a conduit, le 4 septembre 2012, à la victoire des indépendantistes,

PHOTO : Âgé de 20 ans, Léo Bureau-Blouin, cet étudiant québécois, chef de file de la révolte étudiante, triomphe, devenant le plus jeune député de l’histoire de l’Assemblée Nationale du Québec. Indépendantiste au sein du Parti Québécois (PQ), il milite avec les forces souverainistes pour que surgisse un nouveau pays francophone de 8 millions d’habitants en Amérique du Nord et dont l’immense territoire fait quatre fois celui de la douce France.

 

AU MÊME MOMENT la révolte des étudiants de l’École d’Art d’Avignon contre « le code de l’art international des marchés » née « d’un dysfonctionnement » de l’école et des « abus de pouvoir de son Directeur » pour exiger son départ au cri de « Ferrari dégage ! » (photo ci-contre) débouche aujourd’hui sur « une autre dynamique : “ Nous considérons maintenant notre mouvement comme le point de départ d’une remise en question générale de l’enseignement de l’art en France ”, explique Laurent Sonti, un étudiant de l’école. » (La Provence, 27 juillet 2012). Ainsi, la grève lancée jusqu’au 5 octobre est bien l’aboutissement de la prise de conscience contestataire qui n’a cessé de s’amplifier depuis la première action des Amis de Versailles à Avignon en 2010 (cf. La Provence du 28 juillet 2010, sur site le CDV). Ce dont témoignent les archives du site du collectif [1].

PHOTO : Jean-Marc Ferrari, directeur contesté de l’École supérieure d’Avignon. 

« QUELLE ÉCOLE D’ART ? » Ce texte du collectif [2] (hélas daté idéologiquement et révélateur d’une méconnaissance « approfondie » de l’Art et du métier) souligne la radicalité de la contestation de l’« art contemporain » (new-yorkais) par la jeunesse. Reprenant à sa manière le dénonciation de la « sacralisation de la création de fausses valeurs de l’art des marchés régnant à New York », faite sans relâche depuis 2008 par la CDV (cf. son Manifeste[3]), ce brulot stigmatise  : le « rôle de l’école d’art : éduquer à la culture du marché international » ; « la paupérisation d’une masse d’artiste légitime » ; le fait que «  La réalité de l’art nouveau ne pouvait être mieux énoncée : il faut incarner l’idéologie » ; « Bref la reconquête [ de l’art contemporain ] substitue le signe au sens, l’intéressant au beau. Contre le ressenti, l’hégémonie du discours » « En fait ségrégative ». Sur le public « C’est par sa présence dans l’exposition, qu’à son corps défendant, il parachève son aliénation ». « Est-il muni du bon code de la route ? La signalétique se fonde sur la rumeur selon laquelle Marcel Duchamp aurait affirmé que tout peut être art ». « Pourtant de Courbet à Siqueiros, de Maïakovski à Picasso, l’art moderne était intimement lié aux luttes du prolétariat. L’art contemporain propose, impose l’inverse : un grand renfermement dans le cube blanc, un glacis du temps : il est contemporain à jamais ». « La savante ségrégation répète sa logique : elle sépare celles et ceux qui adhèrent au code et celles et ceux qui n’y adhèrent pas. Les premiers signent un pacte avec le néant ». Quant aux autres : « Ceux qui veulent apprendre quelque chose doivent le faire en cachette. Ceux qui veulent survivre doivent séduire et mentir ».

PHOTO : Marcel Duchamp (1887-1968) est un peintre, plasticien,
homme de lettres français, naturalisé américain en 1955.

« POUR UNE AUTRE POLITIQUE CULTURELLE ? » L’artiste peintre Rémy Aron (photo ci-contre), d’ailleurs Président de la Maison des Artistes, rappelle sa conférence prémonitoire de l’Académie des Beaux-Arts [4] : « Je ne peux m’empêcher, dit-il, de vous citer, comme contrepoids à l’évolution calamiteuse de l’institution, (…) la dernière lettre que Stanislas Fumet a reçue du général De Gaulle juste avant sa mort en mars 1970 : “ Mon cher Maître et ami,  Que de ferments et de consolation dans votre livre Véronique ! Vous ne renoncez à rien, quand il semblerait qu’en Art, même les Vertus des cieux sont ébranlées par tant d’appels du Néant. Car sont-ils autre chose, tous les aphorismes contemporains de l’impuissance, cachée sous l’outrecuidance de la mode et de la négation ? ” Peut-on prendre ces deux phrases du fondateur de notre République à la lettre pour tenter de repenser une autre politique culturelle ? Je pense que oui, car le général De Gaulle (…) se rendait parfaitement compte de ce qui se passait, des dérives perverses de l’institution qu’il avait créée (…) » Fort de cette prise de conscience et de l’encouragement que cette position nous donne, le temps est venu pour moi de vous énoncer deux principes qui permettraient, me semble-t-il, d’articuler et de décliner une organisation alternative de la culture en France » :

1) « L’État n’a pas à imposer de choix esthétiques, ni en favorisant le concept du mouvement et de la rupture, ni en mettant en place dans les écoles et dans les universités les tenants des idéologies dites d’avant-garde » ;

2) « L’autre principe est de remettre les artistes au centre de l’action de l’État (…) ».

LA COORDINATION DÉFENSE DE VERSAILLES, à l’origine du premier mouvement de Résistance culturelle international demandant, depuis quatre ans, l’arrêt de la politique de destruction de l’Art et d’exclusion des artistes :

SE RÉJOUIT QUE LA RÉVOLUTION DES BEAUX-ARTS, partie de Versailles en 2008 et née de la démystification de l’exposition du new-yorkais Jeff Koons 1er , après avoir gagné à sa cause personnel du château, conférenciers, journalistes, académiciens, 98 % d’artistes français exclus, etc., par un juste retour des choses, remontant à sa source atteigne enfin la jeunesse estudiantine de l’École d’Art d’Avignon contestant l’enseignement de cet art frelaté, lui-même, annonçant ainsi la mort prochaine de l’Art contemporain officiel, sous le poids de son Mensonge, et une nécessaire refondation de l’Art !

SOUTIENT LA DEMANDE DE RENVOI DE M. FERRARI, en y associant celle de la démission du Dr. de l’École des Beaux-arts de Paris, Nicolas Bourriaud  (photo ci-contre) autre négateur de l’Art.

RAPPELLE QUE L’ART ÉTANT UNE SCIENCE AVÉRÉE, comme l’a prouvé l’universel Léonard de Vinci, il est justiciable d’un enseignement, théorique et pratique. D’où est apparue la nécessité de créer un véritable enseignement institutionnel visant à donner aux élèves la meilleure formation scientifique (dessin, géométrie, couleurs, anatomie, perspective, règles de l’art, etc.), historique et culturelle –, dispensée par les grands maîtres pour diffuser le savoir nécessaire au développement universel des Beaux-Arts. D’où l’idée de Charles Lebrun en 1648, inspiré de l’Italie, de persuader Louis XIV de créer la première Académie royale de peinture et de sculpture dont sont issues les « prestigieuses » Écoles des Beaux-Arts de Paris et d’Avignon (aujourd’hui déclassée en école d’Art et non des Beaux-Arts !).

EN APPELLE À UNE REFONDATION « HISTORIQUE » DE LA MODERNITÉ de l’enseignement des « Beaux-Arts » par un retour aux sources des Anciens, ces inventeurs du « miracle Grec » de l’Art, de la science, de la pensée universelle, et de ses grands maîtres. En Science, Bourbaki disait : « Chaque fois que les mathématiques ont été en crise, c’est chez Euclide qu’elles sont allées trouver la solution ». En Art, de même, c’est en puisant à la source antique que le « Siècle de Louis XIV » – vingt siècles plus tard ! – a tiré : 1) L’invention de la « modernité » du classicisme et de Versailles (fascinant toujours le monde entier) ; 2) L’invention des Académie des Beaux-Arts, à la française, rayonnant sur toute l’Europe ; 3) L’invention de la suprématie culturelle de la France depuis quatre siècle. De même en Peinture « moderne », lors de sa crise de 1883, l’illustre impressionniste Renoir disait de son voyage en Italie : «  en regardant beaucoup j’aurai, je crois, gagné cette grandeur et cette simplicité des peintres anciens : « Cet objet doit être d’affirmer sans cesse et perfectionner son métier. Aujourd’hui nous avons tous du génie, c’est entendu, mais ce qui est sûr, c’est que nous ne savons plus dessiner une main et que nous ignorons tout de notre métier, tandis que c’est grâce à leur métier que les anciens arrivaient à avoir cette matière merveilleuse et ces couleurs limpides dont nous cherchons vainement le secret. J’ai bien peur que ce ne soit pas encore les théories nouvelles qui nous les fassent connaître[5]. »

C’EST AINSI QU’AUJOURD’HUI la Révolution des Beaux-arts contre l’ultralibéralisme des marchés spéculatifs est en marche, annonçant la mort prochaine de l’Art contemporain new-yorkais officiel. L’enjeu d’avenir pour la jeunesse est désormais clair. Elle doit choisir entre « survivre » en se soumettant à la Tyrannie du « séduire et mentir », dictée par l’éphémère code new-yorkais, ou « vivre » en se ressourçant à la Liberté de cette Science de l’Intelligence et de l’Art, héritée des Anciens, qui seule permet à l’Originalité créatrice d’éclore, en donnant au débat d’idées tout son rayonnement, comme en témoignent depuis 2500 ans les maitres de l’Art, leurs écrits et leurs chefs d’œuvre immémoriaux, qui ne cessent d’émerveiller le monde entier et les faussaires de New-York !

Arnaud Upinsky, Président de l’UNIEF/Coordination Défense de Versailles

 


 

[2] Écrit par Samuel Zarka (photo ci-dessous) : https://docs.google.com/file/d/0BxA8rEcuOz5WczlhcVhoeHVCT0k/edit?pli=1

[4]« Réflexions et Propositions pour une autre politique culturelle », 29 janvier 2003, http://www.academie-des-beaux-arts.fr/actualites/travaux/Aron.pdf

[5] Lettre à Mme Charpentier et entretiens avec A. Vollard.