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Archive de août, 2015

Versailles : NON, je n’irai pas dormir chez Louis XIV

19 Août

La journée d’hier fut très mouvementée autour de Versailles et dans tous les media après l’annonce que l’Établissement public du Château de Versailles lançait un appel d’offre pour faire d’anciens ministères sous Louis XV un hôtel haut de gamme. Un projet déjà très controversé dont l’objectif est de transformer en hôtel quatre ou cinq étoiles un ensemble de trois bâtiments longeant le parterre de l’Orangerie.

L'Orangerie - Château de Versailles

Une partie des chambres du futur hôtel installé au Château de Versailles auraient vue sur l’Orangerie © MAXPPP

 

Dès l’annonce tous les grand media se sont rués pour avoir l’interview d’Arnaud Upinsky… seule voie représentative de l’opposition et de la Défense de Versailles à leurs yeux apparemment !

Selon LE FIGARO Culture :

Trois bâtiments du domaine vont héberger une résidence hôtelière de luxe. La nouvelle ne plaît pas à tout le monde, et beaucoup redoutent la commercialisation d’un lieu historique.

« Versailles n’est pas une machine à sous ! » s’insurge Arnaud Upinsky. Le président de l’association Coordination Défense de Versailles est résolument opposé au projet de transformer plusieurs bâtiments du domaine en une résidence hôtelière de luxe. Début août, l’établissement public du château a lancé un appel d’offres proposant l’établissement d’un hôtel de 23 chambres au sein du Grand Contrôle, du Petit Contrôle et du Pavillon des premières cent marches. Les trois locaux sont désaffectés depuis 2008 et nécessitent des travaux à hauteur d’environ 7 millions d’euros. Selon la direction du château, cette démarche « s’inscrit dans la politique de rénovation et valorisation des espaces (…), définie depuis plusieurs années par le ministre de la Culture et le secrétaire d’État au tourisme ».

« Versailles devient Disneyland »

Arnaud Upinsky, lui, y voit plutôt le symptôme d’« une financiarisation de Versailles, pris en tenailles par des boutiquiers et des marchands de soupe ». « L’emblème de la France est en train de devenir Disneyland, et cela ne profite pas à la ville de Versailles, pas plus qu’aux Français. Cela profite seulement aux marchands », déplore l’essayiste. Et d’avertir : « Un symbole comme Versailles, il n’y en a qu’un. À force de grignoter, il n’en restera plus rien. »

 

Tous les media ont bien sûr orienté leur article sur les bienfaits d’une telle réalisation en présentant une version écourtée de la contestation de la Coordination Défense de Versailles, mais telle la chaine de télévision M6, qui dans son journal du 19:45 a présenté un reportage favorable s’est vu contredite par le sondage qu’elle a elle-même initié et qui donnait sur le temps du dit reportage…57 % de gens « choqués » !!!

57 % de personnes sont "choqués" par un hôtel de luxe dans les dépendance du Château de Versailles

 

 

Pour Le Point :

Se réveiller dans un quatre-étoiles avec vue sur l’orangerie du château du Roi-Soleil fait-il partie de vos fantasmes ? Si oui, ce fantasme pourrait bien devenir réalité. L’Établissement public du château de Versailles lance un irrésistible appel d’offres. À la clef, la métamorphose de bâtiments inoccupés depuis 2008 en hôtel de luxe sur une superficie totale de 2 800 mètres carrés. De quoi ravir les plus fortunés des quelque dix millions de visiteurs qui sillonnent le domaine chaque année.

Versailles, son parc, son château... et bientôt son hôtel de charme

Versailles, son parc, son château… et bientôt son hôtel de charme

 

Trois édifices sont concernés, le Grand Contrôle, le Petit Contrôle et le Pavillon des premières cent marches, trois bâtiments administratifs qui dépendaient du Ministère de la Défense à l’époque de Louis XV. Le roi y accédait par l’Orangerie, mais ce ne sera pas le cas des futurs résidents, qui devraient se contenter d’y entrer par la rue de l’Indépendance Américaine. Cependant, une partie des chambres donnera bien sur les centaines d’orangers, de myrtes et de lauriers qui parsèment les jardins du parc.

Versailles, son parc, son château... et bientôt son hôtel de charme...

« Tout est fait à l’envers »

Une démarche ambitieuse qui s’inscrit, selon une source proche de la direction du Château, « dans la politique de rénovation et de valorisation des espaces et d’implantation d’activités économiques dans les monuments historiques, définie depuis plusieurs années par le ministre de la Culture et le secrétaire d’État au Tourisme ». Onéreuse, aussi. À elle seule, la restauration de la toiture et des murs représente un investissement évalué entre quatre et sept millions d’euros. Auquel viendraient s’ajouter quatre millions d’euros destinés, eux, à l’aménagement intérieur. Le tout, pour une concession immobilière d’une période de soixante ans.

Problème : le projet hérisse les défenseurs du patrimoine français, qui y voient une offense au prestige des lieux. Parmi eux, le président de l’association Coordination Défense de Versailles, Arnaud-Aaron Upinsky, ulcéré par ce crime de lèse-majesté : « Versailles est l’une des dernières machines à gagner de la France, s’exclame-t-il au Point.fr. En transformant Versailles en Disneyland, on affaiblit son rayonnement. Ce projet n’a pas sa place dans ce lieu unique au monde. » Et de conclure, outré : « Versailles, ce n’est pas l’argent. »

 

Pour France info :

« Cette démarche », souligne-t-on de source proche de la direction du domaine de Versailles, « s’inscrit dans la politique de rénovation et valorisation des espaces et d’implantation d’activités économiques dans les monuments historiques, définie depuis plusieurs années par le ministre de la Culture et le secrétaire d’État au Tourisme. »

Mais pas question de défigurer le patrimoine : l’entreprise qui remportera l’appel d’offre devra débourser entre quatre et sept millions d’euros pour rénover la toiture, auxquels viendront s’ajouter quatre millions d’euros pour l’aménagement intérieur. Les travaux de clos et de couvert – charpente et fenêtres – seront supervisés par des architectes des monuments de France.

L’association Coordination Défense de Versailles est opposée à cet appel d’offre. Pour son président, Arnaud Upinsky, c’est une atteinte au prestige des lieux : « Ce patrimoine doit rester le patrimoine des Français. Il ne doit pas passer dans le domaine privé, en doit pas servir à faire de l’argent à côté. Un hôtel n’a pas sa place à cet endroit là. »

 

Pour R M C :

Hôtel dans le château de Versailles : « C’est notre patrimoine, conservons-le ! »

 

NON, je n’irai pas dormir chez Louis XIV !

L’Établissement public du Château de Versailles a lancé un appel d’offres pour la transformation en hôtel d’un ensemble de trois bâtiments longeant le Parterre de l’Orangerie. Une idée qui ravit les touristes mais pas forcément certains défenseurs du patrimoine historique.

Imaginez-vous dormir tel un roi ou une reine en plein cœur du château de Versailles ! L’idée plaît en tout cas aux touristes rencontrés dans la cité royale par RMC : « On jouerait les princesses ! Les Marie-Antoinette de 2015 », s’enthousiasme une jeune fille.

L’Établissement public du Château de Versailles vient de relancer un appel d’offre pour transformer en hôtel de luxe trois bâtiments du domaine. Il s’agit du Grand Contrôle, du Petit Contrôle, et du Pavillon des premières cent marches. Les bâtiments longent le parterre de l’Orangerie. En tout ce sont 2.800 mètres carrés, laissés à l’abandon depuis 2008, qui reprendraient vie.

« C’est encore une question d’argent »

Une idée qui ne réjouit pas du tout Arnaud Upinsky, président de l’association Coordination Défense de Versailles : « On transforme un lieu de prestige, ce n’est plus un lieu de prestige, c’est un hôtel. C’est encore une question d’argent. Il y a une chose qui marche encore en France, c’est notre patrimoine, conservons-le ! »

François de Mazière

François de Mazière

 

François de Mazière, le maire de la ville de Versailles, préfère quant à lui, tempérer : « Ce bâtiment, ce n’est pas dans la galerie des Glaces, c’est un bâtiment très dégradé, mieux vaut qu’un bâtiment historique revive plutôt qu’il soit progressivement détruit ».

Il y a quand même un point sur lequel tout le monde s’accorde : l’architecture intérieure de l’hôtel devra être à l’image de Versailles: classique et d’époque. L’entreprise qui remportera l’appel d’offres devra débourser entre 8 et 11 millions d’euros d’investissement, dont au moins 4 pour restaurer les lieux.

La concession, lorsqu’elle sera décidée, sera accordée pour 60 ans. Accor Hotels, l’un des géants du secteur, s’est déjà porté candidat. Les entreprises candidates ont jusqu’au 14 septembre pour se déclarer.