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Archive de octobre, 2008

« Il faut calmer le jeu » !

07 Oct

« Il faut calmer le jeu » !

implore désormais Jean-Jacques Aillagon, seul contre tous ? ( dans le journal 20 minutes)

 

Jean-Jacques Aillagon

C’est par cette phrase, échappée sur l’air de l’arroseur arrosé, que l’article de 20 minutes« La critique n’a pas cours à Versailles pour l’expo Jeff Koons »nous livre un aveu de faiblesse éloquent sur la très grande difficulté dans laquelle se trouve aujourd’hui Jean-Jacques Aillagon, Président de l’Établissement public du Musée et domaine public de Versailles, le thuriféraire du « choc des cultures » et d’une « confrontation » tout azimut au credo sans merci : « Tout musée doit être un lieu de confrontation entre l’ancien et le moderne » ne cesse-t-il de prêcher.

 

Côté cour, devant les media Jean-Jacques Aillagon joue au « châtelain révolutionnaire » n’ayant peur de rien ; mais côté jardins, il voudrait que le « choc des cultures » – une fois l’effet d’amorce engrangé – soit uniquement pour les autres. Après avoir semé la désolation culturelle, au château on tient donc à garder son petit confort bien douillet ; on est déjà fatigué du choc (en retour) des cultures.

Chacun pourra apprécier l’humour noir du Président de l’Établissement public du Musée — ainsi transformé en Galerie (des glaces ) promotionnelle — qui, en conclusion de cet article, avance que l’exposition serait devenue « un phénomène de curiosité internationale ».

Curiosité ? Le mot est-il bien choisi, et s’il l’est de quelle genre de curiosité s’agit-il ? Celle qu’on éprouve devant une merveille, une immondice ou une incroyable méprise des pouvoirs publics ? Du côté des touristes on nous rapporte, en effet, que plus de 95 % d’entre eux sont furieux ou consternés avec même des témoignages d’Américains ayant honte de leur compatriote. La colère des guides n’est, bien entendu, que le thermomètre du rejet général par les touristes d’une « exposition » qui les dérange et qui n’a pas sa place dans le saint des saints de l’art classique français. S’ils ont, d’ailleurs, payé leur ticket ce n’est certainement pas pour que des aspirateurs leur cachent les chefs-d’oeuvre qu’ils sont venus voir à grand frais !

J.-J. Aillagon avait dit qu’il laisserait aux visiteurs le soin de se faire leur propre idée. Mais, mauvais joueur, il veut maintenant casser le thermomètre pour ne pas apparaître comme le grand perdant selon les propres règles qu’il a fixé. Car c’est dès le 10 septembre, à l’ouverture de l’exposition (selon les Nouvelles de Versailles du 1er octobre 2008 : « Koons : le château veut des guides positifs », Stéphane Gauthier) que la Direction a constaté ce rejet des guides et des touristes.

L’actualité financière, suggère d’ailleurs un tragique parallèle entre l’« art » à bulles médiatiques de l’exposition Jeff Koons Versaillesfaisant artificiellement gonfler en France la renommée d’une « star » inconnue jusque là, au détriment de l’image touristique de bon goût de Versailles – et l’effondrement des bulles financières à l’origine de la crise mondiale actuelle. Nous sommes bien dans la logique destructrice de valeur de ces bulles artificielles qui conduisent mécaniquement à la privatisation des bénéfices et à la socialisation des coûts ( 700 milliards $ aux US, patrie de Jeff Koons, au bas mots). Quelle différence y a-t-il entre les flambées de la bourse et les enchères de Christie’s ? Et donc à quand le retour de flamme du chouchou des enchères ?

Notons pour l’anecdote que seule l’agence Bloomberg, spécialiste des marchés à bulles, avait compris le signal et souligné notre geste symbolique du 10 septembre 2008 ayant consisté, aux grilles du château de Versailles, à faisant exploser les quatre ballons ( Koons, AillaKoons, PinaultKoons et KoonsKompas ) quatre jour à peine avant le krach de Lehmann Brothers ayant déclenché la réaction en chaîne de la crise mondiale… Questionné sur l’explosion de ces ballons, Jeff Koons avait dit à la presse ne pas être au courant… Et pourtant, comme dans les Dix petits nègres d’Agatha Christie : quatre moins un, reste trois.

Et pendant que Jean-Jacques Aillagon, cherche à casser le thermomètre de l’enquête d’opinion – ici celle des guides du Syndicat National des Professions du Tourisme ( SNPT) – qu’il réclamait auparavant, le syndicat Sud Culture Versailles a lui aussi lancé une pétition pour demander la mise en place d’un « livre d’or (sic) spécifique à l’exposition comme cela avait pu être fait pour l’exposition du mobilier d’argent ».

Après « les amoureux de Versailles et les intellectuels, les guides sont aussi en colère », mais également le personnel du château, l’UNIEF, le collectif des défenseurs du patrimoine de Versailles, les artistes contemporains non subventionnés, le Syndicat National des Professionnels du Tourisme, la Fédération Nationale des Guides Interprètes et maintenant le Syndicat Sud Culture Versailles. Il ne reste plus maintenant, qu’à mesurer l’impact négatif sur les touristes. Mais au peu d’empressement manifesté par le roi-président du château de Versailles, il y a fort à parier que Jean-Jacques Aillagon redoute au plus haut point le verdict de ce genre de « phénomène de curiosité internationale » que doit consigner dans le livre d’or de la réprobation générale, par les touristes du monde entier, d’une exposition déjantée qu’il a présentée comme le triomphe absolu de la modernité acclamé par toute la planète ( du Gotha ).

« Il faut calmer le jeu », supplie aujourd’hui Aillagon aux prises avec la boîte de Pandore qu’il a lui même ouverte.
Oui, mais comment ?
C’est facile. Il suffit qu’il arrête l’exposition de Jeff Koons Versailles – comme le demandent les amoureux de Versailles, l’ensemble des Français amoureux du patrimoine et les touristes du monde entier – et son plan dévastateur de transformation des Musées en Galeries au nom de la prétendue nécessaire « confrontation » entre l’ancien et le moderne.

Une seule fausse note au tableau de la colère provoquée par le credo sans merci du choc des cultures tout azimut prêché par Jean-Jacques Aillagon : aucune association de défense ou des amoureux du patrimoine à commencer par la Société des Amis de Versailles et à l’exception d’Edouard de Royere, n’a encore manifesté sa réprobation…

Quoi qu’il en soit, l’exposition miracle se dégonfle et le scandale s’envole.

 

Nuit Blanche à Versailles passée sous silence !

04 Oct

— 4 octobre 2008 —

« Nuit Blanche à Versailles passée sous silence »

Alors que l’année passée elle avait été annoncée à grand tapage.

Les constats de crainte et d’échec se multiplient. Ainsi on a pu lire d’une manière feutrée dans Le Parisien du 4 Octobre que la Nuit Blanche à Versailles, c’était cette année-ci l’exposition Jeff Koons, avec ouverture du Château de 19 heures à 2 heures du matin ! C’était trop tard.

Les années précédentes, la Nuit Blanche – alors appelée « Versailles Off » ! – avait été annoncée à grand renfort d’affiches et d’articles dans tous les journaux, par les Nouvelles de Versailles, Magazine Versailles de la Municipalité , l’Office du Tourisme.

Or cette année, après le battage de l’inauguration de l’exposition du siècle…. ce fut un grand silence.

Comment, à nouveau, manifester plus clairement la crainte de voir les visiteurs exprimer leur mécontentement ? Comment montrer que ce qui est craint par dessus tout, par les organisateurs de l’exposition, c’est de rendre visible l’échec pourtant de plus en plus patent.

Que faut-il encore pour que l’échec – et le scandale – soient enfin reconnus et que le Ministre de la Culture doivent en titrer TOUTES les conséquences.

 

Résistance Culturelle et Collaborationnisme

03 Oct

« Résistance culturelle et collaborationnisme » !

L’effet miroir du Canard Enchaîné et du Figaro Magazine
des 24 et 27 septembre 2008


En titrant « Arrête de faire le Koons !«  et en concluant « Et ceux qui persisteraient à se gausser du nouvel art officiel, au goulag !« , le Canard Enchaîné, du 24 septembre 2008, vient de rendre un signalé service au mouvement de Résistance Culturelle, née en réponse à l’agression inouïe de « Jeff Koons Versailles », imposée au forceps par la puissance publique.

Le Canard souligne ainsi la collaboration ontologique existant entre le mépris mensonger et la violence, ces deux compères tyranniques dont Soljenytsine disait justement qu’ils étaient inséparables, en ces termes :

— « N’oublions pas que la violence ne vit pas seule, qu’elle est incapable de vivre seule : elle est intimement associée, par le plus étroit des liens naturels, au mensonge. La violence trouve son seul refuge dans le mensonge. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit obligatoirement choisir le mensonge comme règle ( in 2 + 2= 5, Ed. GERS, 1977, p. 13.) »
— et réciproquement, celui qui opte pour le mensonge finit nécessairement par déboucher un jour sur la violence.

C’est à partir de cette grille de lecture collaborationniste, entre le mensonge et la violence, que le Canard Enchaîné nous invite ainsi à lire l’article provocateur du Figaro-Magazine, paru trois jours plus tard, sous le titre verlan 1er « Révolution à Versailles », avec à l’appui les photos suggestives des aristo-révolutionnaires triomphants.

Si l’on considère qu’à l’image de la bulle de la crise financière, l’exposition Jeff Koons Versailles est destructrice des valeurs culturelles françaises au profit d’une bulle culturelle new-yorkaise, l’affichage par Le Figaro Magazine du réseau d’aristoscollaborant avec jubilation à ce naufrage culturel qui détrône la primauté culturelle de la France au profit de la marchandisation USest riche en enseignements et en rappels historiques.

La mise au centre de l’iconographie du cheval de Troie du « Split Rocker » (cf. « Jeff Koons à Versailles, scandale ou pas ? », Les Nouvelles de Versailles du 10 septembre) est éloquente sur l’art de gouverner éternellement de cette aristoc-cratie par la conciliation des contraires ( ici le mariage contre nature du pop art commercial de Jeff Koons et de l’art classique français de Louis XIV ).

Qui peut croire que le duo hilarant du vicomte de Rohan, Président de la Société des Amis de Versailles, et de Maryvonne Pinault soit là par hasard, et que faut-il en penser ?

 

Absences remarquées…

01 Oct

« Absences remarquées de J.-J. Aillagon et d’Olivier de Rohan »

Par peur de la confrontation sans filet, à la visite privée du Petit Trianon à laquelle le Président de l’Établissement public avait invité nombre d’amoureux de Versailles.

Ce premier octobre, dans le contexte explosif de l’exposition Jeff Koons Versailles, l’absence des deux premiers intéressés ne pouvait manquer de faire l’événement du jour.

Jean-Jacques Aillagon

L’absence de J.-J. Aillagon, pour la visite privée du Petit Trianon, à laquelle il avait pourtant convié un grand nombre d’invités, s’expliquait déjà d’autant moins que le 14 Septembre, pour l’inauguration de l’exposition Jeff Koons, il avait tenu à recevoir en personne les visiteurs au pied même de l’escalier Gabriel…

Le Vicomte Olivier de Rohan

Mais le doublet avec l’absence complémentaire d’Olivier de Rohan, le propre Président des Amis de Versailles a fait sensation.

Après la lettre de censure des guides interprètes, cette fuite devant la confrontation avec les amoureux du château a été reçue comme le constat de l’échec de l’opération séduction des média, du dîner de Koons des 150 couverts et du champagne à gogo noyant les amoureux de Versailles dans une foule inconnue jusque là à l’Orangerie.

Quant nous savons ce qui nous attend, ne préférons-nous pas ne pas nous exposer aux huées…….

C’est ainsi que J.-J. Aillagon, pourtant thuriféraire de la « confrontation » systématique de l’ancien et du moderne, sous haute protection policière, a peur de la confrontation sans filet.

 

Koons Versailles : le Château veut des guides « positifs »

01 Oct

— 1er octobre 2008 —

« Koons : le Château veut des guides ‘positifs’ »


Les Nouvelles de Versailles, relayant le Canard Enchaîné, prennent enfin la mesure du scandale touchant à la Censure des guides interprètes professionnels.

 

Avec pour sous-tire « Leurs commentaires ne plaisent pas », l’hebdomadaire de Versailles constate que : « L’exposition Koons ne provoque pas de remous uniquement chez les amoureux du château de Versailles et les intellectuels, les guides sont aussi en colère ». « Le château veut des commentaires positifs. » « Le syndicat dénonce des pressions. »

Le constat de l’évidence va dans le bon sens mais un peu tard, après avoir claironné que l’exposition s’envolait, et pas assez loin, en ne donnant pas la cause profonde de cette censure. C’est parce que plus de 95 % des guides et des touristes font un rejet de Jeff Koons Versailles que la Direction fait tout pour que cela ne se sache pas.

Si la Direction veut casser le thermomètre, c’est pour cacher la température. Il reste donc à rendre visible cette température portant à 95 % le rejet alors que Jean-Jacques Aillagon en appelait à un préjugé… et se faisait fort du succès de l’opération auprès du public… C’était la Balloon grenouille voulant se faire plus gros que le bœuf. Mais l’apprenti sorcier n’avait oublié qu’une seule chose, c’est que les gens qui viennent à Versailles, c’est pour voir Versailles et non sa dérision new-yorkaise faisant honte à nombre de touristes américains.

Il ne reste donc plus qu’à mesurer et à rendre visible le rejet général des touristes, après celui du personnel, des guides du château et après l’absence des hôtes de marques au dîner de Koons.